Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Les Tribulations de Cricri le Cyclo

Articles récents

Paris-Brest-Paris 2015 - Edition N°3 - le Final de Fougères à Paris

19 Août 2015 , Rédigé par Cricri le cyclo Publié dans #PBP2015, #sortielongue, #Cyclotourisme

 

on d'accord je casse un peu le suspens dans le titre... Ce dernier suppose donc que je sois arrivé... Ce qui n'est absolument pas certain... Mais reprenons le cours des événements. Comme la veille, l'envie d'aller aux toilettes me prends dans la nuit... Je vais faire mon affaire, et en rentrant des toilettes, je jette un coup d'oeil à la pendule dans le couloir... 2h30... J'avais demandé un réveil à 2h00. Il y a donc 2 solutions : soit on a oublié de me réveiller... soit et c'est plus probable on m'a réveillé mais je me suis rendormi :-)

Mais vu l'avance que j'ai au niveau de la fermeture des contrôles (je dois avoir pointé ici demain au max à 12h38), je ne m'affole pas... Je suis largement dans les temps et je n'ai pas d'objectif de temps final... Donc je m'habille et je pars au petit déjeuner... 1 café, 2 croissants et une salade de fruits... En même temps je m'enquiers de la fatigue des bénévoles qui font un gros boulot... Ils sont souvent surpris qu'on leur demande à eux si ça va... Ben oui, sans eux, il n'y aurait pas de PBP, n'en déplaise aux plaintifs que j'ai pu entendre...

Malgré cela, il n'est que 3h00 quand je décolle, c'est à dire exactement l'heure à laquelle je souhaitais partir. J'ai la chance de partir avec quelques cyclos dont 2 espagnols... Sans parler nous allons nous relayer sur près de 40 kilomètres... Moi sur le plat, devant, en enroulant toujours sur le 39 puisque le 50 n'est plus utilisable et eux dans les bosses... Nous sommes parfois rattrapés, parfois doublés.

L'avancement est régulier, même s'il n'est probablement pas rapide. Vers 4h00 du matin je repasse devant la caravane de 'Ju pas croyable' à Levaré. La porte est ouverte, il doit se reposer à l'intérieur... Je continue. Tiens finalement mes espagnols m'ont lâché... 

 

Entre Chantrigné et Lassay les Châteaux, j'ai un coup de moins bien... J'espère trouver un point pour manger car j'ai la dalle...

Je vais avoir la chance de trouver un ravitaillement (payant cette fois mais c'est pas grave) à Charchigné (km 986). Il est 6h15 du matin... Je bois un (petit) café et mange 1 cupcake au chocolat, tout en en mettant un en réserve dans ma sacoche... Ca peut servir.

La pause dure peut être 15', peut être plus, je ne sais plus... Ce que je sais en revance, c'est qu'on approche du passage des 1000kms.

Ce passage symbolique s'effectue à 6h51... A cet instant il me reste grosso qu'un petit 'Et hop' pour finir... Au vu de ce que je me connais, je me dis que l'arrivée ce soir pourrait s'effectuer entre 19 et 20h... Ce serait trop cool d'arriver de jour..

Je sais en plus via un SMS d'Olive, que Lionel en a terminé en un peu plus de 52h... Un coup de maitre pour son premier PBP...

Le jour s'est maintenant levé à Villaines la Juhel. Il y a quelques kilomètres j'ai du basculé la lumière sur la Hope, la batterie chinoise N°3 ayant rendu l'âme... Mais après pas loin de 12h d'utilisation ce qui est remarquable... Comme quoi le soucis sur les 2 premières est bien un lié à un problème de qualité de fabrication.

Toujours aussi peu de monde au contrôle... Le gros de la troupe arrivera plusieurs heures plus tard. En attendant, je pointe à 7h22.

Je croise Florian qui a l'air sacrément fatigué (ils sont parti à 1h45 à ce que j'en ai compris), en même temps que je déjeune.

Bizarre... Certains ont l'air fatigué :-)

Je profite du stand mécanique pour faire un point sur mes soucis de plâteaux... Le vélociste après quelques minutes m'indique que c'est la manette qui est HS... Entre temps, en tirant sur le câble il a fait basculer sur le grand plateau... Il doit donc détendre le câble pour me re-bloquer la chaîne sur le 39... Ce plateau allié à des pignons de 12 à 30 dents me permettra de rallier l'arriver sans forcer...

Bon, puisqu'il n'y a rien à faire pour la manette, alors il est temps d'y aller... La route jusqu'à Mamers n'est pas des plus rigolotes...

Néanmoins, avant de partir je ne résiste pas au plaisir de prendre la borne en photo... Certe le kilométrage n'est pas tout à fait exact (1008km si j'en crois l'itinéraire officiel), mais ça fait plaisir quand même.

En ce début de matinée, le temps est couvert dans les Alpes Mancelles...

Mais l'essentiel est que Paris se rapproche :-)

Au Fresnay sur Sarthe, un Anglais propose du thé au niveau de son camping car. J'en profite et je discute quelques mots avec lui en Anglais. Puis je reprends ma route pour torcher la corvée à savoir rejoindre Mamers... Les 30 prochains kilomètres sont typiquement sans intérêt mais il faut y passer...

Après une grosse heure de faux plat en tout genre, me voici arrivant à Mamers... C'est cool et en plus c'est sous le soleil.

Je profite d'un soupe offerte par le Vélo Loisir du Saosnois, sur la place centrale du village. Pendant ma pause, j'aperçois Alain et Florian qui passent... Je suis surpris de savoir qu'ils étaient derrière...

C'est concentré que je reprends la route pour les 165 derniers kilomètres.

La route jusqu'à Mortagne est déserte, et je retrouve ici où là des cyclos, dont certains ne sont pas sur la randonnée. Je double aussi des cyclos qui me font de la peine car je ne vois pas comment ils vont arriver. Notamment un qui se tient le menton car les muscles de son coup ne répondent plus... Il conduit donc d'une main... Sauf miracle, je ne vois pas comment il peut arriver au bout... malheureusement.

Tout à coup, à 10 kms du contrôle j'aperçois Alain arrêté. Je ralentis puis m'arrête et demande "ça va ?". La réponse laconique tombe : Non, mes tendons d'achille m'enpêchent d'appuyer sur les pédales... Compliqué de réagir après une telle déclaration... En effet je ne peux pas l'aider en quoi que ce soit... Il va prendre des anti-douleurs et voir si ça passe...

Florian arrivant juste derrière, je décide donc d'y aller... le coeur gros.

La déco me remet dans le rythme.

Voici une bonne nouvelle...

Il est 11h42 lorsque je pointe à Mortagne. J'y retrouve avec surprise Benoit et ses copains... Et on fête l'arrivée à ce contrôle en buvant une bière... Je m'envoie aussi un sandwich jambon-beurre-camembert... et je repars... non sans avoir croisé Florian qui arrive au contrôle et qui m'indique qu'Alain est reparti et que cela semble aller un peu mieux...

Un peu avant midi, je lève donc le camp et traverse Mortagne à l'heure de pointe :-)

Encore une fois, dans les bosses qui mènent à Longny au Perche, je roule parfois en petit groupe,...

... mais aussi souvent seul pour être à mon rythme.

Malgré la distance parcourue, je n'ai pas l'air fatigué outre mesure, et je ne le suis pas non plus. Certes les jambes commencent à tirer, certes j'ai quelques douleurs aux tendons des genoux, mais la prise d'un comprimé de Sporténine atténue tout cela.

Pour certains, c'est l'heure de la sieste :-) Je filerai même 2 comprimé de GC Form à un britanique en vélo couché qui s'endors et à qui je le propose... Vu comment il me doublera 20 minutes plus tard, je crois que la potion a fonctionné...

Juste avant Longny au Perche un cyclo propose un petit ravito. Je m'y arrête pour refaire le plein des bidons et du coup je rattrape Alain. On roule sensiblement de la même manière puisqu'Alain est parti 15' avant moi, et que nous sommes encore ensemble après plus de 1100km de rando.

Le nombre de dormeurs "du n'importe où" s'intensifie... Mais bon, au moins là il se repose et ne risque pas de tomber.

A l'arrivée sur Senonches (km 1131), un ravitaillement est organisé par l'Association Cyclotouriste du Perche Senonchois

Ce ravitaillement est idéalement placé car il fait encore chaud cet après midi. En sus, il reste encore 30 kilomètres jusqu'à Dreux. 30 kilomètres pendant lesquels on a le temps de désécher :-)

J'ai la même réaction ici que l'an passé sur le trirhena pendant une section de plat. Quand ça grimpe j'en bave, mais ça vaut mieux que les grandes lignes droites sur du plat. Notons quand même que les organisateurs ont modifié le tracé de Mortagne à Dreux pour que nous passions par des petites routes peu passantes. De ce point de vue, c'est réussi. Merci à eux.

Oh mince, il faut que je fasse attention car il parait qu'il y a une rando cyclotouriste dans le coin :-)

Même si on est randonneur, les lignes droites sont propices à l'accélération quand un cyclo apparait au loin :-)

8 kilomètres avant Dreux, je rattrape un cyclo qui n'avance plus. Je me souviens de Lundi soir et de l'intervention du cyclo italien. Je propose donc ma roue au cyclo (français) qui en bave un peu... et nous arrivons ensemble au contrôle. L'avatange des rétros sur le vélo est qu'il n'y a pas à se retourner pour voir si l'autre suit... C'est aussi moins stressant pour celui qui suit qui ne se dit pas trop qu'il est un boulet...

Il est 15h44 quand je pointe à Dreux. Comme d'habitude, on rentre dans le gymnase sous une salve d'applaudissements... Ca fait toujours chaud au coeur... 

Alors que je pars me restaurer de mon maintenant traditionnel Sandiwch+Bière, je croise Robert, Franco et Benny qui sont en passe de repartir du contrôle. On se congratule en se promettant de s'attendre pour l'apéro le soir...

Je profite longuement du contrôle, car il est 16h10 quand je décide de reprendre la route pour les 61 derniers kilomètres... Je confirme, j'y serai pour l'apéro... Sauf imprévu. Car maintenant, plus qu'avant, il s'agit d'être très concentré et attentif... Cela me ferait flic de ne plus terminer... 

Et je fais bien d'être concentré, car à peine 5 kms après le départ du contrôle, les pompiers emmènent un cyclo qui est tombé à haute vitesse dans une descente en S.... Un bénévole remontait son vélo à la main et quand j'ai vu ce qui restait du vélo, ça faisait froid dans le dos.

 

Au final : plus de peur que de mal...

Sorti de Dreux, les routes empruntées sont petites et assez peu circulantes et permettent de profiter des paysages dans les villages.

Nouvelle surprise : je rattrape un Benny en perdition... La raison en ai qu'il ne peut plus appuyer sur les pédales à cause d'un mal aux tendons sur les genoux. Je décide de rester avec lui... Au moins on finira ensemble. Mais au bout de 10 kilomètres, il s'arrête pour souffler un peu et me demande de poursuivre ma route.

C'est un peu la mort de l'âme que j'accepte...

Petit à petit nous rentrons en Région Parisienne... Les automobilistes sont beaucoup moins patients ici :-(

A la sortie de Gambais, alors qu'il ne reste que 35kms, je retrouve mes amis Robert et Franco... Eux m'avaient attendu sur la fin du BRM 600, il n'est donc pas question que je les dépose pour finir seul. Nous allons finir ensemble, d'autant que Franco subit des douleurs depuis 2 jours et qu'il roule à moitié tordu sur son vélo...

En haut des "dernières bosses" nous sommes applaudis par une foule en délire... Ca fait dresser les poils sur les bras...

Allez les copains, encore quelques kilomètres... Et Robert est tranquille comme Baptiste ; il savoure.

10 kilomètres de l'arrivée... En plus de ce monsieur, les cyclos que nous croisons savent ce que nous venons d'accomplir et eux aussi nous encouragent... 

Celle là elle fait vraiment plaisir... Te voici bientôt au bout des efforts mon ami.

Et puis nous voilà, nous rentrons dans Saint-Quentin en Yvelines. Le fléchage est toujours impeccable, nous longeons le parc et d'un coup nous apercevons le vélodrôme...

Lionel est venu nous attendre mais est pris de court par notre arrivée... Regardez le sourire de Robert... Je crois bien qu'il est content ;-)

Et pour franco, ne croyez pas qu'il ait déjà tout oublié de sa souffrance... Mais il estr fier et il peut l'être...

Merci Lionel pour la photo

L'avantage par rapport à 2007 est que notre puce a pris notre temps à l'arrivée, au passage de la ligne. Du coup nous ne sommes pas pressés d'aller faire tamponner le carnet de route. Avec les photos et les embrassades, nous mettrons bien 20' à arriver à la table... Regardez maintenant la tête de Robert et de Franco, et vous verrez que même si le récit raconte une balade, ça reste une balade éprouvante :-)

Merci à Lionel qui a fini hier et qui est resté pour nous attendre.

Florian, Alain ont rattrapé Benny et sont arrivés aussi groupés. Salut les copains...

pfff... déjà fatigué le Franco ;-)

Voici une belle image de camaraderie... Pour l'instant nous sommes 7 à être arrivés. Il reste sur la route Bruno de l'ATSCAF, Bruno Mathieu et Brigitte...

 

Bon ils doivent être vraiment fatigués les copains car même la douche n'y a rien fait... Ils ont envie de pioncer...

Seul Lionel semble frais comme un gardon...

Voici pour la fin d'une belle aventure, que personnellement de termine en 73h22 (dont 54h55 roulé), soit mon plus petit temps pour réaliser l'aller retour entre Paris et Brest (88h07 en 2007, 76h46 en 2011). 

Nous allons maintenant aller nous coucher en espérant que la fête se termine en apothéose avec l'arrivée des 3 copains/copines du groupe.

 

Lire la suite